Point de départ : un bateau de croisière
Panique à bord, et pour de vrai ! Les passagers du bateau de croisière MV Hondius ont eu peur ces derniers jours. Alors qu’ils étaient en croisière pour aller depuis le sud de l’Argentine jusqu’au Cap-Vert, les passagers se sont retrouvés confinés à bord. La cause ? La mort d’un passager originaire des Pays-Bas le 11 avril, puis de son épouse le 26 avril (alors qu’elle avait déjà quitté le bateau). Le diagnostic est posé : ils sont décédés d’un hantavirus.
C’est quoi l’hantavirus ?
L’hantavirus, ou plutôt les hantavirus car il en existe des dizaines, sont des virus qui se développent et se transmettent au départ par les animaux. Les rats, les mulots, les taupes, les musaraignes… Et même certains reptiles peuvent transmettre les hantavirus.
D’après l’ANRS Maladies Infectieuses Émergentes (un laboratoire public français spécialisé sur le sujet), les hantavirus peuvent se traduire par deux types de symptômes. Dans l’un, c’est une fièvre hémorragique et rénale, dans l’autre ce sont des problèmes cardiaques et pulmonaires.
Ces virus circulent dans le monde, et ne sont pas toujours mortels. Ainsi en 2025 il y a eu 229 cas d’hantavirus en Amérique Latine (dont 59 mortels). En France, Santé Publique France dénombre une centaine de cas par an. Le cas du bateau n’est donc pas isolé !
Pourquoi a-t-on peur ?
L’hantavirus se propage de l’animal à l’être humain. Sa contagion entre êtres humains est extrêmement rare, sauf pour la souche des Andes qui est concernée par la situation actuelle. Et encore, il faut être en contact très très proche avec un malade pour se retrouver contaminé… Mais il faut donc prendre des précautions pour éviter une pandémie mondiale comme le covid.
L’une des inquiétudes du public et des responsables politiques et des spécialistes des épidémies, c’est qu’avant que le diagnostic d’hantavirus soit donné début mai, plusieurs passagers avaient déjà quitté le bateau depuis son départ d’Argentine ! Un passager suisse est ainsi passé par l’Afrique du Sud et le Qatar, et il est positif depuis quelques jours à l’hantavirus. C’est la preuve qu’il faut donc recontacter tout le monde pour leur faire passer des tests et éviter qu’ils ne propagent le virus.
Tensions diplomatiques
Que faire des passagers du bateau ? C’est la question que se sont posés les autorités de l’Organisation Mondiale de la Santé ! Où débarquer le reste des passagers ? 22 nationalités, et l’angoisse qui monte à bord, il fallait trouver rapidement une réponse ! Les îles Canaries (qui font partie de l’Espagne) ont été choisies. Mais le président de la région espagnole des Canaries a bien fait comprendre au Premier Ministre Pedro Sánchez qu’il n’était pas d’accord avec cette décision ! Malgré tout, c’est bien sur l’île de Tenerife que le bateau a pu faire descendre ses passagers. Accueillis par des personnels médicaux protégés par des blouses, masques et charlottes, les passagers ont été évacués pour être examinés.
La quarantaine obligatoire
Les passagers descendus à Tenerife ont pu regagner leur pays d’origine pour la plupart. Cinq français sont ainsi arrivés en France pour être examinés et mis à l’isolement. En effet, le virus peut incuber pendant deux à huit semaines. Alors en attendant, le gouvernement et les équipes médicales ont opté pour la sécurité. Sur les cinq Français rapatriés, une personne est d’ailleurs positive au virus.
Malgré cela, les responsables de l’OMS ont insisté : « Ce n’est pas le début d’une épidémie. Ce n’est pas le début d’une pandémie. » (Maria Van Kerkhove, directrice du département de prévention et de préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS).
En attendant, reprenons nos bonnes habitudes : lavage des mains, et mettre un masque quand on est malade. Avec ou sans hantavirus, ça permet toujours de moins tomber malade !







