A l’initiative du parti politique Renaissance (parti du président Emmanuel Macron), une proposition de loi a été présentée aux députés de l’Assemblée Nationale. La proposition ? Mettre fin à l’interdiction de faire travailler des salariés de certains secteurs d’activités le 1er mai.
Qui peut déjà travailler le 1er mai ?
Les chefs d’entreprise sont autorisés à travailler le 1er mai (y compris les boulangers ou les fleuristes s’ils sont les patrons de la boutique). Mais pas leurs salariés. Seuls certains secteurs d’activité peuvent faire travailler les employés le 1er mai : les policiers, gendarmes et pompiers par exemple. Les personnels des hôpitaux (on est bien content de pouvoir aller aux Urgences un 1er mai si on se casse un bras !). Les transports aussi peuvent travailler le 1er mai. Mais à Tours par exemple, l’entreprise Fil Bleu ne fait pas circuler ses bus ce jour-là. Les hôtels et restaurants peuvent aussi fonctionner.
Le 1er mai, un jour férié pas comme les autres
Certaines boulangeries ouvrent le jour de Noël, férié, ou le 8 mai aussi par exemple. Alors pourquoi le 1er mai fait-il exception ? Tout simplement car il a un statut à part dans le code du travail français. Le 1er mai est né des mobilisations des travailleurs au XIXe siècle. Il est peu à peu devenu le jour de l’année où les ouvriers manifestaient pour réclamer de meilleures conditions de travail.
En France, c’est en 1889 que le 1er mai est célébré pour la première fois comme fête du travail. Un jour où on ne travaille pas et où les travailleurs manifestent pour revendiquer leurs droits. Dans le code du travail, le 1er mai est le seul jour férié chômé (on ne travaille pas, sauf cas particuliers cités plus haut).
Que propose la loi ?
La loi présentée par les députés Renaissance et leur leader Gabriel Attal prévoit d’autoriser le travail du 1er mai dans certains secteurs comme les commerces d’alimentation de proximité (boulangeries, boucheries, vendeurs de fruits & légumes…), ou la culture (les théâtres, les cinémas). Les salariés qui travailleront seront volontaires, et payés double par rapport à un jour normal. L’argument des députés est qu’ainsi les petits commerces pourront ouvrir et satisfaire leur clientèle. Et les salariés intéressés pourront gagner un peu plus d’argent.
Quels sont les arguments des opposants
Huit syndicats de travailleurs, et les partis de gauche (LFI, le Parti Socialiste, les Ecologistes) sont opposés à cette proposition. Pour eux, la promesse de se baser sur le volontariat des travailleurs ne tient pas. Ils considèrent que dans la réalité, un travailleur n’a souvent pas trop le choix de dire non si le patron insiste pour qu’il vienne travailler. Et le paiement double de la journée n’avait pas duré pour le travail dominical (travailler le dimanche) : la promesse de faire gagner plus d’argent aux salariés marcherait donc au début, mais sans doute pas sur le long terme.
Un autre argument des opposants est que ce ne sont pas forcément les petites entreprises, les petits commerces qui profiteront de la loi, mais plutôt les grandes. Des chaînes présentes dans toute la France, qui vendent du pain ou des viennoiseries mais n’ont peut-être pas besoin de ce coup de pouce.
Enfin, ces organisations n’ont pas aimé la tactique employée par Renaissance. Plutôt que de faire voter le texte par l’ensemble des députés, les députés Renaissance ont fait voter une “motion de rejet”. Le résultat : le texte sera étudié par une commission mixte paritaire (un groupe de travail d’un petit nombre de députés et sénateurs).
Quand sera prise la décision ?
Ce lundi 13 avril à 18h00, le ministre du Travail reçoit les syndicats pour parler de tout ça. Ce qui pourrait retarder ou annuler la création de la commission ! Le suspens est à son comble…







