Territoire de plus de 2,1 millions de km2, avec une population de 56 542 habitants (soit moins d’un habitant par km2), le Groenland est une terre vaste et peu peuplée. Alors pourquoi intéresse-t-il autant les États-Unis et l’Europe ?
Géographie : des terres hostiles, proches de l’Amérique
Les terres du Groenland sont situées très au Nord, au point que 80% du territoire est recouvert par la glace ! Une vraie calotte glaciaire ! Et les températures maximales observées dans le pays ne dépassent jamais les 8 degrés (et encore, c’est dans les meilleurs jours !). Si le mot « Groenland » veut bien dire « terre verte », la réalité est donc très différente.
Quand on regarde un planisphère, le Groenland se situe plus près du continent américain que du continent européen :

Une histoire liée à l’Europe
Historiquement, le Groenland a toujours été rattaché à l’Europe. Les premiers peuples du Groenland ont été des Amérindiens. Mais dès le Xe siècle, les Vikings venus d’Europe du Nord sont arrivés et se sont installés. Le royaume du Danemark et de Norvège affirme son pouvoir sur ce territoire au XVIIIe siècle. Et c’est en 1814 que le Danemark confirme auprès des autres puissances européennes que le Groenland lui appartient avec le traité de Kiel. Et cette domination est confirmée en 1933 par la cour de justice internationale.
Un lien géographique et historique avec les États-Unis
Donald Trump réclame aujourd’hui que le Groenland revienne aux États-Unis. Et il peut s’appuyer pour cela sur deux éléments : l’histoire et la géographie !
Non seulement cette immense île est plus proche des États-Unis que du Danemark, mais les Américains y sont déjà présents. Eh oui ! Pendant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945), le Danemark a été occupé par l’Allemagne nazie. Les Groenlandais ont donc pris leurs distances avec leur pays de rattachement. Et les États-Unis ont installé des militaires au Groenland pendant la guerre pour défendre le territoire d’une éventuelle attaque allemande.
En 1946, les États-Unis ont proposé de racheter le territoire au Danemark. La situation s’est résolue par la signature d’un traité entre le Danemark et les États-Unis en 1951. Grâce à cet accord, des bases militaires américaines sont construites un peu partout au Groenland pendant la Guerre Froide.
Pourquoi Trump insiste-t-il autant ?
Si on le savait…
Plus sérieusement : selon Trump, le Groenland a une position stratégique. Les États-Unis ont besoin d’y être pour éviter des attaques russes ou chinoises contre eux et contre le Groenland (les menaces ne sont pas prouvées pour l’instant). Cela permettrait de constituer un « dôme en or », une protection globale de tout le pays, sans avoir un territoire étranger à proximité.
On parle aussi souvent des ressources du sous-sol groenlandais. Plusieurs gisements de minerais rares et essentiels pour les nouvelles technologies et l’armement existeraient au Groenland. Les entreprises ou le pays qui les contrôlera sera donc avantagé pour produire des armes et produits de tous types.
Qui va décider ?
Le Groenland est aujourd’hui un territoire autonome, qui a son propre gouvernement et son parlement. Mais cette autonomie ne remet pas en cause l’appartenance au Danemark. C’est donc bien l’État Danois qui va devoir négocier avec les États-Unis.
L’Union Européenne peut aussi s’en mêler, car le Danemark en fait partie. Laisser le Danemark se débrouiller seul face à Trump serait un signe de faiblesse de l’Union. Elle n’apparaîtrait pas si unie que ça !
Enfin, les États-Unis et le Danemark font partie de l’OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. C’est une alliance de pays pour se protéger les uns les autres. Il serait incroyable qu’un pays de l’OTAN attaque un autre membre !
Les relations internationales vont sans doute beaucoup évoluer cette année, avec ce président américain qui annonce des décisions et des projets qui bouleversent des habitudes de bonnes relations établies depuis plusieurs décennies. Trump n’a demandé l’avis de personne pour faire intervenir l’armée au Venezuela. Mais pour le Groenland et le Danemark, ce sera sans doute une autre histoire.







