L’intervention armée du 3 janvier 2026
Le samedi 3 janvier 2026, les forces armées américaines sont intervenues au Venezuela, pays d’Amérique du Sud. Les militaires nord-américains ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et sa femme, pour les emmener aux États-Unis où ils seront jugés. La justice américaine les accuse d’être les dirigeants d’un trafic de cocaïne.
Pourquoi les États-Unis sont-ils intervenus ?
La première raison avancée par le président américain Donald Trump pour justifier l’intervention des soldats américains dans un pays étranger, c’est la drogue. Les États-Unis soupçonnent en effet le Venezuela et ses dirigeants d’être impliqués dans le trafic de drogue qui affecte les États-Unis. Depuis le mois de septembre 2025, l’armée américaine avait déjà attaqué des bateaux vénézuéliens soupçonnés de transporter de la drogue.
Le pétrole au cœur de cette action
Mais est-ce aussi simple ? Le Venezuela possède aussi d’immenses réserves de pétrole qui intéressent les États-Unis ! 20% du pétrole mondial se trouve dans le sous-sol vénézuélien. D’ailleurs, Donald Trump l’a affirmé sans détour dans un discours du 3 janvier 2026 : « Nous allons récupérer le pétrole qu’on aurait dû récupérer il y a longtemps […]. Nous allons être remboursé de tout ce que nous avons dépensé« .
Pourquoi parler d’être « remboursé » ? Tout simplement car jusque dans les années 1970, de grandes entreprises américaines exploitaient le pétrole au Venezuela. Puis le pays a nationalisé ces installations (elles sont devenues publiques et/ou sont gérées par des entreprises vénézuéliennes).
Qui est Nicolás Maduro ?
Arrivé au pouvoir au Venezuela en 2013, il a pris la suite d’Hugo Chávez. Chávez avait profondément transformé l’État vénézuélien pendant sa présidence, de 1998 à 2013 avec une politique présentée comme de gauche et en faveur du peuple, et du pays. À l’époque, le Venezuela a pu financer certaines de ses politiques alimentaires, éducatives, sociales, grâce à l’argent tiré du pétrole.
Mais après la mort d’Hugo Chávez et l’arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro, la situation économique a empiré. En réaction, des milliers de vénézuéliens sont descendus dans la rue pour manifester en 2014 : la répression violente de ces manifestations est le premier signal d’un basculement de Maduro dans la dictature. Une manière autoritaire de gouverner, sans respecter les lois ni les droits des citoyens. Et ses réélections (en 2018 et 2024) sont le résultat de fraudes.
Depuis 2013, les États-Unis (et plusieurs états européens) ont donc mis en place des sanctions contre le Venezuela de Maduro. Certains produits ne peuvent plus être importés au Venezuela (tout ce qui sert à l’armement ou à la surveillance électronique par exemple). Des hommes politiques vénézuéliens ne peuvent plus voyager à l’étranger. Et en 2019, la société publique de pétrole et de gaz naturel vénézuélienne n’a pas pu se faire payer ses livraisons aux États-Unis. Et ce ne sont que quelques exemples.
Pourquoi l’intervention américaine au Venezuela pose problème ?
On pourrait se dire : « un dictateur dehors, bon débarras ! » Mais attention : qu’est-ce qui donne le droit aux États-Unis de venir au Venezuela capturer le président (même si c’est un mauvais président) ?
Depuis le XIXe siècle et jusque dans les années 1980, les États-Unis ont eu l’habitude d’intervenir en Amérique Latine. Les agents secrets de la CIA aidaient par exemple certains politiciens latino-américains à prendre le pouvoir, quand ça favorisait les États-Unis. C’était la doctrine Monroe : ce qui se passe en Amérique ne concerne que les Américains (et pas les Européens). Et aussi la politique du « big stick » (le gros bâton) : les États-Unis se voyaient comme les gendarmes du continent américain. Pour punir, ou pour récompenser les pays qui fonctionnaient comme eux le voulaient.
Mais depuis, les pays du monde entier ont travaillé dur pour que chaque État soit libre et indépendant. Certaines critiques sont donc dirigées contre Donald Trump : il n’avait pas le droit d’intervenir. Car sinon, qu’est-ce qui empêche Vladimir Poutine de capturer le président ukrainien Zelensky ? Ou la Chine de conquérir Taïwan sans rien demander à personne ?
Les dernières déclarations de Trump qui annonce vouloir conquérir le Groënland (qui appartient au Danemark) suivent la même logique que l’intervention au Vénézuela : on a envie de ces terres, alors on les prendra… C’est une manière d’agir qui risque de bouleverser le monde et les relations entre États !






