1. Qu’est-ce qui a changé ?
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis étaient les « protecteurs » de l’Europe, dans le cadre d’une alliance que l’on appelle l’Otan. Selon l’article 5 de cette charte, s’attaquer à un des pays membres, c’est donc risquer une réplique américaine. Mais ces dernières semaines, le président Trump a stoppé l’aide américaine en Ukraine et clairement fait comprendre que les États-Unis ne se sentaient plus responsables de la protection des pays européens.
2. La Russie est-elle une menace ?
Oui, c’est de plus en plus évident. Le pays de Vladimir Poutine consacre 8,7 % de tout son budget national à ses armées. Ses dépenses militaires sont en hausse de 30 % en 2025. Selon les chiffres donnés par Emmanuel Macron dans son allocution télévisée, la Russie prévoit d’avoir 300 000 soldats supplémentaires, 3 000 chars et 300 avions de chasse de plus dans les cinq ans qui viennent. La Russie a clairement des vues sur la Moldavie, la Roumanie ou les trois pays baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie), dont certains sont membres de l’Otan.
3. Pourquoi une armée pour l’Europe ?
Les pays européens étaient donc protégés par le « parapluie » américain. Du coup, depuis des décennies, ils dépensent le minimum pour leur défense. Pas plus de 2 % de leur richesse nationale pour la plupart d’entre eux. Pour compenser le retrait américain, le sommet européen extraordinaire du 6 mars a décidé d’un plan de 800 milliards d’euros sur quatre ans pour la défense européenne.
4. La France, nouveau chef de bande ?
Pour la première fois depuis 1945, l’Allemagne, par la voix du futur chancelier Friedrich Merz, a dit qu’elle était d’accord pour se ranger sous le parapluie nucléaire français. Une proposition bien accueillie par la France qui pourrait étendre la protection aux autres pays européens, avec l’aide du Royaume-Unis, autre puissance nucléaire du continent, mais pas membre de l’Union Européenne.
5. Tout le monde n’est pas d’accord
En France, certains refusent de partager la protection nucléaire avec d’autres pays. D’autres s’inquiètent du financement de cet effort de défense qui pourrait conduire à des choix budgétaires difficiles.