Devant une machine à pince, de celles où on doit manœuvrer pour attraper une peluche, cinq ados réfléchissent. Derrière la vitre, le lot les intéresse : des maillots de l’équipe de football du PSG. L’un recommande d’attraper le rouge, à gauche, plus accessible. Un autre pense qu’il faudrait tenter le bleu, plus en hauteur… Ils essaient, ratent, remettent une pièce vite engloutie.
Ces machines sont un des classiques de la fête foraine de Tours. Elles sont des dizaines, remplies de Pokémon, de peluches Stitch et d’objets comme ces maillots. Un autre classique, c’est le tir à la carabine. Derrière son stand, Willem attend les clients : « la carabine, c’est un jeu traditionnel des fêtes foraines. Et ces dernières années il y a un retour des gens vers ces attractions-là. Ce sont plutôt les enfants qui jouent, avec les parents derrière, ou des hommes qui veulent gagner un lot pour leur amoureuse ». Bien sûr, si on dégomme les ballons de baudruche, on repart avec des gros lots. Mais Willem a le secret pour satisfaire tout le monde : « tout le monde repart avec un petit cadeau. Si l’enfant est content, il reviendra, alors que les gens déçus on ne les revoit pas ! »
Mais avec la pluie, des clients, il n’y en a pas beaucoup ! Pour Willem comme pour les 120 autres stands de la fête foraine tourangelle, c’est la catastrophe ! Pourtant, la fête foraine de Tours est l’une des dix plus grosses fêtes foraines de France d’après le gérant qui s’occupe du tir à la carabine avec son épouse, rencontrée sur une foire à Rouen il y a quelques décennies. « Mardi (5 mai) il pleuvait tellement qu’il n’y avait personne, à 22h tout le monde a fermé. Alors que quand il y a du soleil on va ouvrir un peu plus tôt le matin par exemple s’il y a déjà du monde ».
Le quotidien des forains
En attendant le soleil, Willem nous raconte son quotidien : pour les lots, il faut suivre le rythme, les modes changent. Un grossiste passe chaque semaine vendre et livrer des peluches par cartons entiers aux forains. Pour le logement, c’est dans la caravane que ça se passe : juste derrière le manège pour certains, un peu plus loin du côté du marché de gros pour d’autres.
Willem, 65 ans, a toujours vécu comme ça : « je suis enfant de forain ! Donc quand j’étais gamin, pendant la fête foraine de Tours j’allais à l’école Raspail, ou au lycée Nadaud, pas loin du champ de foire ». Pas trop dur de bouger tout au long de l’année ? Pas pour Willem, pour qui les enfants de forains ont cette capacité à s’adapter rapidement. Chaque année au printemps, ils retrouvaient les copains de l’année précédente. Une vie qui n’a pas eu l’air de déplaire à sa fille puisqu’aujourd’hui adulte, elle est elle aussi foraine !
Derrière ses confiseries, la tourangelle Stéphanie est aussi héritière d’une tradition familiale : « c’est la quatrième génération ! Mes grands-parents ont participé dès les débuts de la fête foraine à Tours, et j’ai pris le relais, à la même place, année après année ! » Et notre tradition à nous chez Fritz ? C’est de grimper dans les manèges et manger de la barbe à papa !
« Tours est une grosse fête foraine pour nous… Mais la pluie ne nous arrange pas ! »
LA VIE DES PROS
Après la fête foraine de Tours, Willem ira du côté d’Oléron, puis Pornic pour l’été. Au total, il travaille avec son épouse sur neuf foires différentes chaque année. Morena avec son manège Buzz l’Éclair, partira vers le Pays Basque et les Landes, pour passer elle aussi l’été en bord de mer.
Pour eux comme pour les autres forains, participer à une fête foraine est un vrai investissement : l’achat du manège bien sûr, et son entretien. Mais aussi le prix de location de l’emplacement, l’électricité pour faire tourner tout cela, les deux journées au moins passer à tout installer, puis à tout démonter après les festivités, sans oublier l’essence et les péages pour aller d’une foire à l’autre avec leurs gros camions. Avec le baisse du pouvoir d’achat du public, les forains craignent donc la crise, comme tout le secteur des loisirs.
+ D’INFOS
Le prix d’un manège ?
Difficile de savoir combien coûte un manège, les forains sont discrets quand on parle d’argent. Au minimum 100 000 € pour un petit manège, et jusqu’à 1 million pour une grosse attraction neuve !
Sécurité avant tout
Les manèges sont contrôlés plusieurs fois : à la sortie de l’usine pour vérifier que tout correspond aux normes de sécurité, puis une fois par an ou tous les deux ans (selon le type de manège). Une inspection est également menée à la fin de chaque montage.
À SAVOIR : fête foraine et foire de Tours, deux événements différents
À Tours, la fête foraine et la foire, ce sont deux événements différents. La fête foraine dure plus longtemps (du 24 avril au 17 mai cette année). La foire de Tours a quant à elle ouvert ses portes le 1er mai et ferme le dimanche 10 mai au soir. À la fête foraine, on vient grimper dans des manèges, faire des jeux, grignoter et s’amuser. À la foire, dans les halls du Parc Expo, on vient flâner… et acheter : 500 exposants présentent des centaines de produits différents. Caravanes, jacuzzis, fenêtres, mobilier extérieur ou intérieur, éponges miracles pour nettoyer sa vaisselle… Il y a vraiment de tout pour la maison et les loisirs !
Il y a quand même des points communs : les deux événements sont à entrée gratuite, et comme ils sont l’un à côté de l’autre on peut vite aller s’amuser après avoir fait un tour du côté expo !
On y va en bus ?
Pendant la fête foraine, la ligne 83 de Fil Bleu fait la navette entre la gare de Tours et le Parc Expo !
Les nouveautés 2026
Cette année, les forains se sont associés pour proposer deux feux d’artifice : l’un à l’ouverture de la fête foraine, et le second pour sa fermeture, le 16 mai. On espère qu’il ne pleuvra pas, pour pouvoir en profiter !







