La France est en situation de crues généralisées avec inondations en ce mois de février 2026. Voici de quoi comprendre ce phénomène.
Photo d’illustration : Crues et inondations à Toulouse en 2022 – ©Wikimedia – Pierre-Selim Huard
La crue est un phénomène naturel
En temps normal, la crue est un phénomène naturel qui fait partie du cycle de l’eau des rivières et fleuves. En été, avec la chaleur, c’est l’étiage : les eaux s’évaporent et le niveau des cours d’eau est très bas. En hiver, les pluies sont plus nombreuses qu’en été. Quand le sol est déjà bien imbibé et ne peut plus rien absorber, le surplus d’eau coule jusque dans les rivières et fleuves. Cela s’ajoute au résultat de la fonte des neiges dans les montagnes, qui vont rejoindre aussi les cours d’eau. On parle alors de crue.
De la crue à l’inondation, qu’est-ce qui se passe ?
Il y a plusieurs types d’inondations. En ville, elles peuvent être provoquées par des pluies trop abondantes qui ne peuvent pas être absorbées par les réseaux souterrains d’eaux pluviales (l’eau y arrive via les fameuses grilles sur le bord des trottoirs).
Mais en ce moment, c’est surtout des inondations par débordements de cours d’eau qu’on voit : les rivières et fleuves récupèrent des quantités d’eau tellement importantes qu’ils débordent de leurs frontières naturelles (leur lit).
Pourquoi parle-t-on en France de crues généralisées ?
Les experts de MétéoFrance et du service public Vigicrues parlent de « crues généralisées » pour désigner le phénomène que connaît la France en février 2026. C’est la durée de l’alerte « vigilance crue », 30 jours d’affilée déjà, qui justifie cette appellation « crues généralisées ». Un record depuis la création de Vigicrues, en 2006.
Peut-on accuser le changement climatique ?
Oui… mais pas seulement ! Les grandes crues qui inondent villes et villages sont de plus en plus fréquentes en France ces dernières années. Une des raisons est effectivement le changement climatique, avec des pluies plus abondantes. La tempête Nils de ces derniers jours s’est ajoutée à des pluies déjà très abondantes depuis le début du mois de janvier 2026. Pour La Chaîne Météo, les pluies ont même battu des records dans certaines zones (Bretagne, Pyrénées Orientales, Gironde…).

Mais il ne faut pas oublier l’impact de la présence humaine : nous avons tendance à imperméabiliser et artificialiser de plus en plus les sols. Habitations, routes, parkings… Tout ce qui empêche l’eau de s’infiltrer dans le sol perturbe le cycle de l’eau. Cette eau qui n’est plus absorbée par le sol s’en va rejoindre les rivières et fleuves dont le niveau grimpe.
À Tours, la Loire grimpe mais sans risque de submerger la ville. Ce n’est pas le cas le long de la Garonne ou dans certains villages du Sud-Ouest, ou même à Angers… Soyons donc vigilants !







